Des isolés. Ou bien des solitaires.
Quatre univers aveugles qui se frôlent.
Et puis celui qui s’approche un peu plus pour voir.
CLOAKROOM
Cette façon de s’appeler à l’aide au cas où l’on s’entendrait…
Représentations
15, 16, 17 et 18 mai 2003 : Gare au Théâtre - Vitry-sur-Seine
Equipe
Conception, mise en scène et chorégraphie :
Adrien de Blanzy
Coordination chorégraphique :
Selin Dündar
Dansé par :
Magali Albespy, Virgine Messina, James Hosty, Fabrice Loubatières
Scénographie :
Isabelle Dolivet et Adrien de Blanzy
Costumes :
Emérantine Vignon
Montages musiques :
Marc Vincent
Lumières :
Eric Heinrich
Vidéos :
Emmanuelle Mason
Régie plateau :
Xavier Boitard
Administration/Diffusion :
Hélène Lebarbier, Virginie Vigne, Laëtitia Vilpellet
La solitude de ceux qui n’osent pas sortir d’eux mêmes. L’insurmontable complexité du contact, pour celui qui a pris des années à construire ses murs.
Totalement inhibés face à ce qu’il « faut faire », ce qu’il « faut dire » et ce à quoi « il faut ressembler », certains vivent la tétanie des codes sociaux et s’interdisent toute spécificité dans la rencontre.
Ces frustrations mènent parfois à un point de non-retour, où il n’y a plus rien et où tout devient possible.
C’est le thème de CLOAKROOM, le vestiaire, antichambre du dépôt des armes.
J’ai voulu, avec CLOAKROOM, regarder quatre solitaires d’aujourd’hui dont le désir d’être ensemble serait devenu vital.
Adrien de Blanzy
Quatre solitudes au bord de l’explosion
CLOAKROOM abrite la rencontre de quatre solitudes :
Un no man’s land aux isolés
Le premier acte de CLOAKROOM nous présente les personnages, échoués dans un no man’s land, une île sombre. Un lieu des oubliés, vaste, sombre, profond, dans lequel chacun est isolé.
Le spectacle s’ouvre sur la chorégraphie au sol d’un couple enlacé par une vidéo projetée sur leurs corps. La facilité avec laquelle celui-ci se livre au paroxysme fusionnel de la communication introduit le spectacle, avant d’aborder les personnages dans leurs différences, et dans leurs difficultés à établir un contact.
Pourtant, la singularité des situations apporte légèreté et fantaisie, qui laissent augurer un instinct de survie plus fort que cet état.
Radiographier l’être intérieur dans ses torsions
Les chorégraphies épousent les torsions des personnages : le Couple fusionne jusqu’à l’étouffement, enlacé dans des espaces restreints, recroquevillé. La Blonde, déchirée entre deux êtres, aborde une danse de poupée mécanique déréglée. L’Homme au Chapeau est dans la tension ; dans une quête effrénée de repères perdus. C’est une marche rigoureuse, arrachée à la raison par une tension incontrôlable, entre horizontalité de la marche et verticalité du bond.
Le paroxysme de la frustration comme issue
CLOAKROOM nous mène au paroxysme de la frustration, jusqu’au point de rupture : où il n’y a plus rien, et où tout devient possible. L’impasse est devenue insupportable, il faut voir derrière ces murs. Les chorégraphies se délient et les personnages se libèrent peu à peu de leurs blocages internes.
CLOAKROOM : l’espace de la rencontre
Le second acte se situe dans un bar, le CLOAKROOM, l’espace de la rencontre.
Ce lieu est le berceau de cette micro-civilisation, qui marque la volonté, devenue vitale, d’être ensemble. Au CLOAKROOM, je dépose au vestiaire cet encombrant vêtement qui m’étouffait jusqu’ici, pour voir l’Autre. C’est un bar, éclairé au néon rouge, ouvert sur les images du monde. C’est ici que nos quatre personnages s’exercent à l’échange et où s’exprime, dans la fragilité des approches, le rêve d’une communication idéale...CLOAKROOM regarde cette façon de s’appeler à l’aide par le contact physique, par la danse, quand le verbe est réduit à l’usage intime ; quand communiquer par le son n’est plus possible.
Agenda des representations de la compagnie d'apres
La compagnie d'après est un site réalisé par SHIBUYA-ATELIERS